Des militants Force Ouvrière de la Loire

Intervention au XXème Congrès National de la Fédération de la Métallurgie

dimanche 22 juin 2008 par Denis RIVIER

Intervention au XX Congrès de la Fédération CGT-Fo de la Métallurgie. "Notre Fédération doit prendre position pour organiser la manifestation de tous les métallos, de tous les métallos, de tous les travailleurs, à l’Assemblée Nationale, là où vont se voter les lois qui nous agressent. "

Bonjour camarades,
Ce qui caractérise aujourd’hui la situation du mouvement syndical, c’est la fin des conditions du réformisme syndical et ses conséquences.

Je m’explique. Nous venons de vivre un fait économique majeur, la re-distribution au profit des employeurs, des capitalistes, de la plus-value, de la valeur ajoutée : la part consacrée aux salaires baissant de plus de 10 points, celle consacrée aux revenus du capital progressant d’autant, le nombre de salariés s’accroissant de façon significative.

Un autre conséquence, c’est l’inflation des lois et règlements qui redéfinissent à la baisse les droits des salariés. C’est par exemple, l’accord sur la modernisation du marché du travail : le licenciement à l’amiable (pardon, jamais dans le texte il n’est utilisé le mot licenciement), donc, la « séparation par consentement mutuel » ; les contrats de mission ; suprême argument, c’est qu’il fallait signer pour que cela ne soit pas plus pire (entre nous, c’est probablement le meilleur des arguments, mais il ne fallait pas signer) et cela prouve que cet accord est plus un pis-aller qu’un réel progrès.

La question de la représentativité est hautement significative de ces problèmes.

Il n’y a plus de « grain à moudre », sauf dans certains secteurs des services ou dans des « niches industrielles ». Le concurrent aujourd’hui de la PME stéphanoise, ce n’est pas le sous-traitant de Givors ou l’entreprise savoyarde. Par le jeu des conventions collectives, tout le monde avait des conditions d’exploitation identique ou sensiblement identique. La concurrence, c’est aujourd’hui la PME roumaine (1.60€ de l’heure), c’est le parc industriel chinois (0.9 € de l’heure).

Cela veut déjà dire que pour défendre nos conditions de travail et de vie, nous devons aider les salariés de ces pays et les salariés des autres pays à se défendre, à constituer des syndicats indépendants de l’état et des patrons.

En effet, pour parvenir à leurs fins : maximiser leurs profits, le patronat et son état sont prêts à tout.

Pour vous convaincre, pour vous donner le véritable sens des négociations sur la représentativité, j’aimerai vous citer Madame Parisot, qui expliquait, dans son livre publié au printemps 2007, que : « Néanmoins, nous estimons que cette question de la représentativité est seconde – nous ne disons pas secondaire. Elle est seconde parce qu’elle doit être précédée d’un débat plus fondamental qui porte sur la légitimité d’un syndicat. » La messe est dite. Voilà l’ennemi, voici la bête à domestiquer.

Il me semble que la méthode qui a consisté à interdire par des recours aux tribunaux aux autres « petits » syndicats de présenter des listes aux élections professionnelles trouve là ses limites. Si ces syndicats peuvent se développer cela correspond plus à nos insuffisances qu’à un complot ou je-ne-sais-quoi.

Toujours est-il que nous avons eu raison de ne pas signer cet accord sur la « démocratie sociale » comme ils disent, comme nous avons raison de demander à la CGT et à la CFDT de retirer leurs signatures de cet accord.

La position commune sur la représentativité, c’est la fin de l’indépendance syndicales par la soumission à des commissaires, à des experts, c’est l’inquisition financière. Dans les entreprises ce sont les tauliers qui définiront qui est représentatif.

La position commune sur la représentativité, c’est 40 ans après Mai 68 la fin des sections syndicales d’entreprises, ce qui combiné avec l’allongement de 2 à 4 ans de la durée des mandats va constituer un frein non-négligeable à la création de nouvelles bases syndicales.

La position commune sur la représentativité, c’est la fin de nos conventions collectives par le développement du « syndicalisme » d’entreprise, ce sont des accords négociés par des individus libres ou mandatés dans le moins-pire des cas.

Néanmoins, il reste la question des retraites, celle des 35 heures, de la modernisation du marché du travail avec son cortège d’agressions contre les métallos, contre les travailleurs.

Le sentiment des travailleurs, c’est qu’il faut se défendre, le sentiment des travailleurs, c’est qu’il faut frapper tous ensemble, au même moment, au même endroit, en même temps pour se défendre.

Notre syndicat approuve la position de notre Confédération de boycotter la réunion de la Commission Nationale de la Négociation Collective.

Notre Fédération, notre Confédération doivent s’adresser et continuer de s’adresser aux autres fédérations et confédérations pour que la CGT et la CFDT retirent leurs signatures.

Notre Fédération doit prendre position pour organiser la manifestation de tous les métallos, de tous les métallos, de tous les travailleurs, à l’Assemblée Nationale, là où vont se voter les lois qui nous agressent.

Vive la CGT-Force Ouvrière.
Vive le syndicalisme indépendant des patrons et de l’état.

Denis RIVIER, Marseille, le 4 juin 2008.

Amendements déposés :

- « Cette défense passe par l’organisation d’une manifestation nationale de tous les métallos, de tous les travailleurs, le même jour, au même endroit, au même endroit, là où se votent les lois, à l’Assemblée Nationale. Notre fédération se doit de prendre en charge une telle démarche. »

- « Le Congrès condamne la signature par la Confédération CGT-Force Ouvrière de l’Accord National Interprofessionnel du 11 janvier 2008 sur la « modernisation du marché du travail. Cette signature, par l’instauration des « séparations à l’amiable », par l’instauration des « contrats de mission », par la généralisation du portage salarial constitue un cheval de Trois en augmentant la précarité des salariés. Cette signature est l’illustration de la fin du réformisme syndical et des nouvelles conditions de l’action syndicale. »


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