Des militants Force Ouvrière de la Loire

La CGT veut moins de conventions collectives

lundi 8 juin 2015 par Denis RIVIER

La CGT veut moins de conventions collectives (de Leila de Combarmond)

lundi 8 juin 2015

Le numéro un de la CGT plaide pour le développement d’un dialogue social par filières de production.

Une intervention liminaire très courte, puis une parole plus libre que d’ordinaire. Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a pris vendredi de la distance avec la langue de bois qu’il pratique depuis son arrivée à la tête de la CGT, en février. Le syndicaliste, qui planchait devant les membres de l’association Réalités du dialogue social, composée de syndicalistes et de responsables d’entreprise, est pour la première fois sorti de sa réserve.

Le cégétiste a bien sûr rappelé l’opposition de son organisation à la loi Macron et à la réforme du dialogue social. Mais il a aussi souligné qu’ « une entreprise qui marche bien est une entreprise qui n’a pas de conflits, où on s’écoute les uns les autres », et expliqué qu’il ne se « lève pas tous les matins en [se] demandant combien de grèves on va faire aujourd’hui ».

S’il a réaffirmé qu’il «  y a nécessité que la loi fasse loi alors qu’aujourd’hui c’est l’exception qui fait la règle », Philippe Martinez s’est déclaré « d’accord, à chaque fois que c’est nécessaire, pour que les salariés puissent donner leur avis sur un accord d’entreprise, mais à condition qu’ils se décident en toute liberté ».

Il a aussi affirmé que, « certainement, il faut réduire le nombre [de conventions collectives] ». Il a plaidé pour le développement d’un nouveau lieu de dialogue social, par filières et pas seulement par branches. «  Il y a besoin de plus d’efforts des grands groupes », a-t-il expliqué, soulignant un « besoin de mutualisation » entre donneurs d’ordre et sous-traitants.  »

Pour les « énergies vertes

Pointant sa convergence de vues avec le DGB allemand sur le sujet, Philippe Martinez est revenu sur le problème posé par les conditions de détachement des salariés, rappelant que leur première nationalité dans l’Hexagone est… française : « Il faut que ce problème soit traité à l’échelon européen. »

Interrogé sur les enjeux écologiques, il n’a pas prononcé d’ode à la production d’énergie décarbonée chère à la CGT - comprenez le nucléaire. « Nous sommes opposés à montrer du doigt les vieilles industries », a certes affirmé le métallurgiste, s’inquiétant pour l’avenir d’Areva mais aussi d’EDF. Mais il a également plaidé pour «  travailler sur d’autres énergies, des productions vertes », soulignant que des entreprises comme Areva ou Alstom Power « ont des savoir-faire et doivent pouvoir se développer ».

Cet article est extrait du journal Les Echos et est consultable à cette adresse.


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