Des militants Force Ouvrière de la Loire

Lettre à Jean-Claude Mailly

jeudi 29 novembre 2007 par Denis RIVIER

Saint Etienne, le 3 mai 2007.

A l’attention de Jean-Claude MAILLY,

Secrétaire Général de la CGT-Force Ouvrière.

Cher camarade, Nous prenons l’initiative de t’écrire car il nous semble que la position de notre Confédération, sur la question des élections présidentielles n’est pas correcte. Il est nécessaire que notre confédération prenne position pour appeler à battre Nicolas Sarkosy.

Ce candidat annonce son intention :
- De réglementer le droit de grève, de mettre en place un service minimum,
- De modifier les règles de représentativité,
- De mettre en place du « contrat unique » avec la mise en place de « la séparabilité » et la possibilité de licencier une personne sans motif et de continuer la « chasse aux chômeurs »,
- De poursuivre la ré-écriture du Code du Travail où toutes les injonctions (ex : l’employeur doit…) sont remplacés par un simple présent (ex : l’employeur informe), ce qui ne peut que relativiser le caractère impératif de ces prescriptions.
- D’accentuer les exonérations de cotisations patronales ce qui ne pourra qu’accentuer le déséquilibre des caisses de Sécurité Sociale et de faire porter le poids du « déficit » sur les assurés sociaux et leurs familles par la mise en place du « forfait » à la visite.
- De proposer de ne plus majorer les heures supplémentaires va conduire les employeurs à généraliser cette méthode et ils pourront exiger des salariés 220 heures par an sans que les salariés puissent s’y opposer.
- De continuer à supprimer des emplois dans la Fonction Publique avec les conséquences que chacun peut voir.
- De réduire encore plus la fiscalité progressive au profit de la fiscalité indirecte… Et beaucoup d’autres dont tu es sûrement au courant.

Pour notre syndicat, l’indépendance syndicale, ce n’est pas l’indifférence syndicale. Appeler à voter pour battre Sarkosy, n’implique pas de soutenir le programme de Ségolène Royale. Les revendications des salariés demeurent avant et après les élections, ce qui peut changer, c’est se défendre contre un arsenal législatif qui essaie de briser les organisations ouvrières. De plus, croire que nous pourrons « tranquillement » défendre les salaires et l’emploi alors que le Code du travail sera sur la sellette , est une erreur. Ce sera la lutte contre les mesures Sarkosy qui prendra le dessus.

Tu expliques que nous ne confondons pas la loi et le contrat, mais lorsque la loi organise la liquidation du contrat, il est nécessaire d’empêcher que des lois « iniques » ne soient votées.

Enfin, il est clair pour tous qu’une victoire de Sarkosy ne sera que le prélude à un déluge d’attaques contre la classe ouvrière, les travailleurs et contre les libertés démocratiques avec la traque des familles immigrées, les lois sur la délation obligatoire, etc…

Il est nécessaire et urgent que notre Confédération appelle à voter pour battre Nicolas Sarkosy, appelle à voter Ségolène Royale. Reçois cher camarade, nos salutations syndicalistes.

Saint Etienne, le 3 mai 2007. Pour le bureau du syndicat CGT-Force Ouvrière des Métaux de Saint Etienne Denis RIVIER


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