Des militants Force Ouvrière de la Loire

Cambodge : grève et interventions policières

dimanche 26 septembre 2010 par Denis RIVIER

Cambodge/grève : intervention policière

( Reuters 27/07/2010 | Mise à jour : 09:56 ) Au moins neuf ouvrières d’une usine de confection près de Phnom Penh ont été blessées aujourd’hui lorsque la police anti-émeutes est intervenue pour mettre fin à un mouvement de grève d’une semaine. Une centaine de policiers, dont une cinquantaine étaient en tenue anti-émeutes et armés de fusils d’assaut ont tenté de contraindre quelque 3.000 ouvrières à retourner dans leur usine des faubourgs de Phnom Penh, où sont fabriqués des vêtements pour Gap, Benetton, Adidas ou Puma. Plusieurs ouvrières ont été jetées au sol et frappées, a constaté un journaliste de Reuters. Au moins neuf d’entre elles ont été blessées, a dit Srey Kimheng, responsable syndical.

L’industrie textile a été particulièrement affectée par la crise au Cambodge, où il s’agit du troisième plus important secteur économique derrière l’agriculture et le tourisme.

L’article du Figaro

Textile : le préavis de grève est maintenu

La Fédération des syndicats des ouvriers du Cambodge et la CCAWDU ont pris acte de l’échec des négociations avec le patronat. Une grève massive devrait se tenir du 13 au 18 septembre dans les usines textiles, les syndicats indépendants et le patronat ayant échoué à trouver un accord sur les salaires, a annoncé Ath Thorn, président de la Coalition of Cambodian Apparel Workers Democratic Union (CCAWDU).

Le Gmac, principale organisation patronale du secteur textile, a rencontré lundi 6 septembre les deux syndicats indépendants dirigés par Ath Thorn et Mam Nhim qui ont refusé de signer l’accord du 8 juillet dernier, portant le salaire minimum à 61 dollars par mois.

Le Gmac a rejeté la proposition des syndicats de porter le salaire minimum à 75 dollars et d’accepter la tenue de négociations annuelles sur les rémunérations. Il a également refusé de discuter avant le mois de novembre des augmentations annexes (indemnités de repas, ancienneté, assiduité) et de l’étendue des augmentations à l’ensemble des ouvriers.

Les 125 délégués syndicaux de la Fédération des syndicats des ouvriers du Cambodge et la CCAWDU, réunis le 8 septembre à Phnom Penh, ont approuvé le maintien du préavis de grève pour le 13 septembre.

Cheat Khemara, représentant juridique du Gmac, a indiqué à Cambodge Soir Hebdo que Ath Thorn « devrait prendre ses responsabilités » en cas de mouvement social, qui aura pour conséquences des « coupes salariales pour les grévistes » et « l’impossibilité pour les entrepreneurs d’honorer leurs commandes ».

« Je demande aux ouvriers de ne pas cesser le travail. Les syndicalistes doivent respecter l’accord obtenu le 8 juillet au sein du Comité consultatif du travail, adopté à la majorité », ajoute Cheat Khemara.

La Fédération des syndicats des ouvriers du Cambodge et la CCAWDU sont les deux seuls syndicats indépendants membres du Comité, les autres syndicats représentés étant réputés proches du PPC.

L’article de Cambodge Soir

Cambodge : la grève du textile prend de l’ampleur

AFP - PHNOM PENH — Les syndicats du secteur du textile au Cambodge ont menacé mercredi de faire durer pendant des semaines un mouvement social entamé lundi sur des questions de salaire et qui gagne en importance.

Kong Athit, secrétaire général de la Confédération cambodgienne du travail, a affirmé que 190.000 personnes avaient cessé le travail dans 90 usines, contre 60.000 lundi.

L’Association des producteurs de vêtements au Cambodge (GMAC) n’a fait état que de 30.000 grévistes, mais a confirmé que le chiffre était à la hausse depuis le début du mouvement.

"S’il n’y a pas de réponse des employeurs d’ici au 18 septembre, nous nous réunirons avec nos représentants syndicaux pour décider de continuer la grève au moins pendant un mois", a déclaré Kong Athit.

Le mouvement fait suite à un accord entre gouvernement et industriels, fixant le revenu minimum à 61 dollars (47,5 euros) par mois pour l’industrie du vêtement et de la chaussure. Les organisateurs réclament au moins 93 dollars.

Ken Loo, secrétaire général de la GMAC, a affirmé que des non-grévistes avaient été menacés et regretté que "la police n’agisse pas quand ces gens violent la loi".

Les industriels dénoncent un mouvement susceptible selon eux de pousser les grandes marques à faire appel à des pays voisins.

Le secteur, qui produit pour des marques comme Gap, Benetton, Adidas et Puma, est une des principales sources de revenus pour ce pays encore très pauvre, gagné par les mouvements sociaux comme plusieurs autres pays asiatiques.

Il emploie 345.000 ouvriers, mais a subi le contrecoup de la crise mondiale l’an passé, avec des exportations passées de 3,1 milliards de dollars en 2008 à 2,69 milliards en 2009. Les chiffres officiels font cependant état d’une croissance de 13,4% durant les sept premiers mois de 2010.

Plus de 30% des 14 millions de Cambodgiens vivent avec moins de 50 cents par jour. La dépêche de l’AFP reprise par Google

Grève du textile : 10 000 employés bravent les tribunaux

Quelques 10 000 employés du textile n’avaient toujours pas repris le travail mardi, ignorant les injonctions des tribunaux ordonnant une reprise de la production au plus tard samedi matin. Ils entendent ainsi protester contre la suspension par leurs employeurs de dizaines de délégués syndicaux, au motif qu’ils ont pris part au mouvement de grève nationale organisé la semaine dernière.

A l’heure actuelle, il reste difficile d’obtenir des informations sur le nombre exact de syndicalistes sanctionnés dans le pays. Lundi, le chiffre de 200 personnes était avancé.

Dans un communiqué commun, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme- la Licadho, le Centre pour les droits de l’homme et la branche locale du Centre Américain pour la Solidarité Internationale du Travail- estiment qu’au moins 70 syndicalistes ont été suspendus dans la province de Kandal et 22 autres dans la province de Kompong Speu. Ces associations dénoncent les mesures de rétorsion exercées à leur encontre, en violation de la loi sur le travail qui interdit toute forme de discrimination envers des syndicalistes.

De son coté, l’Association des producteurs de vêtements au Cambodge (Garment Manufacturer’s Association in Cambodia, Gmac) justifie ces mise à pieds en invoquant l’illégalité de la grève.

Sur les murs des usines concernées des affiches ont été placardées pour informer les employés des risques encourus ; Ils seront « automatiquement » licenciés s’ils ne se présentent pas à leur travail mardi matin. Selon le secrétaire général du Gmac, les employeurs auraient finalement différé de 24 heures la sanction.

L’article de Cambodge Post

Textile : les syndicats dénoncent les licenciements pour fait de grève

Deux syndicats, la Confédération cambodgienne du travail et la Confédération nationale cambodgienne, ont dénoncé, dans un communiqué commun rendu publique mercredi, les licenciements pour fait de grève dont employés et syndicalistes du secteur textile sont aujourd’hui victimes.

Selon ce communiqué, les tribunaux ont ordonné la mise à pied de 159 syndicalistes et grévistes dans 17 usines pour « avoir exercé leur droits de grève ». 151 autres personnes ont été purement et simplement licenciées par les employeurs pour « avoir mené les grèves ».

A elle seule, la lecture du communiqué en dit long sur les difficultés du syndicalisme au Cambodge. « Le but d’une grève est d’arrêter le travail afin que les syndicats obtiennent satisfaction. Cela conduit inévitablement à une perte de revenus à la fois pour les employeurs, dont la production baisse, et pour les employés qui perdent leurs salaires. Le fait de sanctionner les travailleurs au motif que la production a chuté constitue une remise en cause des fondements du droit de grève ».

Le Gmac, l’association des patrons du textile, a estimé que le coût de ces quatre jours de grève se montait à 15 millions de dollars. Un chiffre invérifiable mais qu’il brandit chaque jour comme une menace sur le pays.

Depuis mercredi, il semble bien qu’il en ait fait son cheval de bataille. Ken Loo, le secrétaire général du Gmac, affirme ainsi que des patrons ont commencé de licencier pour faire face à la situation. « Un ou deux patrons ont renvoyé des employés, suite à l’annulation de commandes. Nous avions prévenu que cela arriverait ». L’information est, là aussi, invérifiable et il s’est refusé à donner davantage de précisions. Mais, vrai ou faux, les employeurs ne manqueront pas d’utiliser cet argument massue lors de la rencontre prévue lundi au ministère des affaires sociales.

La semaine dernière, le Gmac affirmait cependant que le mot d’ordre de grève avait été peu suivi. Au plus fort de la mobilisation, Ken Loo déclarait que sur les 345 000 employés du secteur, « moins de 10 000 ont fait grève ». Il ajoutait que « 30 000 autres ne s’étant pas présenté a leur travail » les grévistes les en ayant « empêchés ».

Enfin dans leur communiqué, les deux syndicats disent n’avoir aucune « confiance en l’indépendance des tribunaux cambodgiens » et réaffirme que contrairement aux décisions de justice, la grève était légale.

Une déclaration qui, dans un pays où l’espace de liberté se rétrécit de mois en mois, pourrait bien ne pas laisser le pouvoir indifférent.

L’article de Cambodge Post


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