Des militants Force Ouvrière de la Loire

ZF-Mécacentre : victoire des salariés

vendredi 29 janvier 2010 par Denis RIVIER

Lundi après-midi, j’étais à ZF. Un truc entre la neige fondante, la pluie et la neige tombe sur la zone industrielle. Les négociations se poursuivent .

Dans la cour de l’usine, ça discute. Des grévistes montent une deuxième chapiteau. Sur les mats devant l’usine, trois mannequins sont pendus. Sur le parking, à la place réservée au directeur de ZF une croix est plantée. Jeudi 21, les salariés de ZF ont élu un Comité d’Organisation de la grève. La grève est massive. 95% de grévistes. Même une partie de la maîtrise fait grève.

On se réchauffe comme on peut en buvant du café. Les délégués sortent. « La direction retire son plan de licenciement ! Les jours de grève seront payés ! » La joie se lit sur les visages. 6 jours de grève, de piquets, de diffusions de tracts. Une salarié des bureaux explique : « Ca fait 31 ans que je fais grève. » Chapeau.

La victoire des salariés de ZF-Mécacentre

Dans la journée de vendredi, les salariés de ZF ont adopté l’appel ci-dessous

Appel des salariés de ZF-Mécacentre et de leurs organisations syndicales.

Nous sommes en grève pour empêcher les 55 licenciements que la Direction de notre groupe veut faire. Parce que nous savons que derrière les 55 licenciements, il y a la fermeture de notre usine qui est programmée.

Nous savons et vous le savez aussi que pour lutter contre les licenciements, nous ne pouvons pas rester isolés.

Dans notre département nombreux sont les salariés confrontées aux mêmes problèmes que nous. La liste est longue : Mavilor, Pinguely, Siemens, Ackers, Sullair, Béru. Et encore, il ne s’agit que des plus grosses boîtes.

Ailleurs, ce sont les plans de licenciements à la sauvette. « Tous les mois, licencier quelqu’un. » C’est la devise des patrons. Ce sont les « licenciements à l’amiable » ou la recherche de la faute lourde. Proposer des « avenants aux contrats de travail » qui réduisent les salaires, sinon, c’est la porte. Ne pas remplacer un salarié qui part à la retraite et regarder où il est possible de faire travailler des salariés pour moins cher. Et pour ceux qui reste, c’est augmenter la pression, l’autoritarisme des patrons, faire travailler les salariés toujours plus pour toujours moins.

L’heure n’est pas à la division, chacun dans son coin. Il ne s’agit plus de se défendre boîte par boîte. Il s’agit de se défendre tous ensemble.

Nous proposons de créer un Comité de Résistance Ouvrière dont le but sera de rassembler tous les salariés en lutte contre le patronat, contre les licenciements.


Ce CRO prendra toute initiative pour unifier le combat des salariés.

Nous vous proposons donc de :
  1. Discuter du présent appel, de l’amender, de le faire circuler.
  2. De participer à la journée du 2 février, à 10 heures 30, au siège du MEDEF et de l’UIMM-Loire,
  3. De se retrouver après cette manifestation l’après-midi pour organiser ce Comité.

« Les grands ne sont grands que parce que nous sommes à genoux, debout, camarades, debout ! »

L’article de l’Usine Nouvelle :

ZF Lemförder Mécacentre annule son plan social

La direction de ZF Lemförder Mécacentre a annoncé lundi 25 janvier l’annulation d’un plan social qui prévoyait la suppression de 55 emplois sur les 277 de l’usine stéphanoise. Cette décision est intervenue après une journée de négociations et près d’une semaine de grève.

Un plan de sauvegarde de l’emploi avait été présenté le 10 décembre en comité d’entreprise extraordinaire. La suppression de 20 % des effectifs de l’unité stéphanoise qui fabrique des rotules et croisillons de direction pour automobiles était justifiée par la baisse de 40 % du chiffre d’affaires, de 20 millions d’euros, depuis deux ans. La direction de ZF Mécacentre estimait alors qu’il n’y avait pas de perspectives de reprise durable avant 2011.

Depuis le 19 janvier, la quasi-totalité des salariés de l’entreprise stéphanoise étaient en grève illimitée, « dans le calme ». Des distributions de tracts avaient été organisés vendredi au péage autoroutier de Veauchette, au concert de Lara Fabian au Zénith de Saint-Etienne et dimanche lors du match de l’ASSE contre Lorient au stade Geoffroy-Guichard.

Au terme des négociations, la direction de ZF Lemförder a accepté de lever le plan de licenciement et de payer les journées de grève. Spécialisée dans la frappe à froid, l’entreprise produit des pièces de sécurité (rotules et croisillons de direction) pour les grands constructeurs allemands (BMW et Mercedes en particulier).

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