Des militants Force Ouvrière de la Loire

Divisés et affaiblis, les syndicats peinent à se dessiner un avenir

mardi 17 novembre 2009 par Denis RIVIER

Dans les echos, le compte-rendu d’un débat...

L’exercice avait des allures de séance de psychanalyse collective. Hier, à l’initiative de l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis), les huit leaders des principaux syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC, FSU, Unsa, Solidaires) ont débattu de l’avenir du syndicalisme. L’occasion de dresser un tableau, sombre mais lucide, de leurs carences actuelles. Tous ont insisté sur l’urgence d’élargir leurs bases, en conquérant les salariés des petites entreprises et les précaires, et de repenser leurs structures. « Nos organisations en professions, en fédérations, ne correspondent plus à la réalité du travail », a insisté François Chérèque (CFDT). « 40 % des militants partiront à la retraite d’ici à dix ans. La priorité, c’est d’assurer le renouvellement, en étant plus proche du terrain », a poursuivi Bernard Van Craeynest (CGC).

Pour François Chérèque, la faiblesse des syndicats incombe aussi à la « schizophrénie française » sur le dialogue social, « reconnu officiellement » mais entravé par « l’interventionnisme » de l’exécutif - il qualifie Xavier Darcos, ministre du Travail, de « champion » en la matière - et les représailles patronales envers les salariés syndiqués. Celles-ci sont également dénoncées par Bernard Thibault (CGT), qui a appelé ses homologues à « agir ensemble » pour faire respecter cette « liberté fondamentale ». Des réflexions communes

Les principaux leaders partagent aussi la volonté de renouer, a fortiori au vu des enjeux de la crise, avec une approche plus ambitieuse. « Il faut un syndicalisme de transformation sociale et de résultats », a martelé François Chérèque. « Je crois encore aux conquêtes sociales, même si on a depuis quelques années un rôle surtout de résistance », a complété Jean-Claude Mailly (FO), Bernard Thibault soulignant : « C’est à nous de montrer aux salariés qu’ils ne sont pas condamnés à juste limiter la casse. » A cet effet, « tout l’enjeu est d’apprendre à travailler ensemble pour construire des revendications et un rapport de force. Aucun syndicat ne peut prétendre avoir à lui seul toutes les réponses », a défendu Gérard Aschieri (FSU), qui multiplie les collaborations avec la CGT et Solidaires. En écho, Alain Olive (Unsa) et Jacques Voisin (CFTC) ont invité « le camp réformiste » à lui aussi développer et formaliser des réflexions communes, notamment pour préparer la réforme des retraites.

Mais, si la plupart des leaders ont plaidé pour la poursuite des échanges en intersyndicale (elle se retrouvera le 30 novembre, toujours sans FO), les débats d’hier ont aussi rappelé que son avenir est très incertain tant les tensions nées de la réforme de la représentativité restent fortes. Selon Jean-Claude Mailly, « l’action commune, ce n’est pas le syndicalisme rassemblé. Il faut un syndicalisme pluraliste, synonyme de démocratie ». « Est-ce vraiment en réduisant le nombre d’organisations qu’on espère développer la syndicalisation ? », a aussi persiflé Jacques Voisin.

Autant de remarques que François Chérèque et Bernard Thibault, à l’origine de cette réforme qui doit renforcer à terme le poids de leurs organisations, ont balayé. « C’est en donnant aux salariés le pouvoir de désigner les syndicats qu’ils veulent que le syndicalisme sera plus reconnu », a rétorqué le premier, tandis que le second a invité à « inverser le cercle infernal » qui voudrait qu’au pluralisme des opinions corresponde forcément celui des organisations : « La réalité, c’est que l’éparpillement entraîne une division néfaste à la recherche d’efficacité. »

DEREK PERROTTE, Les Echos


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