Des militants Force Ouvrière de la Loire

Notes pour comprendre la situation sociale aujourd’hui

lundi 11 février 2008 par Denis RIVIER

L’offensive actuelle du gouvernement et du MEDEF

Depuis l’arrivée de M. Sarkosy au gouvernement, c’est à une offensive tout azimuth contre les conquêtes ouvrières à laquelle nous assistons. Pour éviter une situation ressemblant à 1995 où le gouvernement avait du reculer sur la question des régimes de retraites devant la mobilisation des salariés de la SNCF et de la RATP, la première pierre de cette offensive a été de réduire à peau de chagrin le droit de grève dans ces entreprises.
Durant tout l’été les directions syndicales vont négocier sur cette question. La question de la grève étant résolue, ce sont les régimes spéciaux qui sont dans le collimateur. Pourquoi ? Parce que par leur simple existence, ils rendaient difficile l’augmentation des durées de cotisation et par conséquence le recul de l’age de la retraite. La preuve ? Début janvier, dès que les négociations dans les entreprises du secteur, RATP et SNCF principalement, étaient finies, les décrets faisant passer le nombre d’année à cotiser de 40 à 41 ans en 2012 furent annoncés. Les grèves d’octobre et de novembre se sont traduits par des défaites. Le gouvernement grâce à la complicité des directions syndicales des cheminots et de la RATP a pu faire passer sa « réforme ».
Parallèlement, le « nouveau Code du Travail » a été voté. Pour mémoire, 500 anciens articles ont été déplacés de la partie législative à la partie réglementaire ce qui implique qu’un décret simple peut modifier des dispositions importantes, 1761 articles nouveaux ont été ajoutés (en fait de simplification), de nombreuses dispositions ont été « externalisées » vers d’autres Codes : Code des Transports, Code Rural, etc…, utilisation du présent de l’indicatif plutôt que l’impératif, … Pour information, les députés ont consacré pour l’examen de ce texte moins de temps que pour celui sur les chiens dangereux.
D’autres éléments par exemple dans la loi sur la « récidive » permettent d’emprisonner des salariés occupant une usine.
Toujours dans le collimateur, les salariés du privé à qui « on » (le MEDEF et le gouvernement) explique que la source de tout nos problèmes vient de la trop grande rigidité du contrat de travail. Alors on flexibilise : 1. Séparation « à l’amiable » entre le salarié et son employeur. 2. Période d’essai de 3 à 6 mois pour les ouvriers, de 6 à 12 mois pour les cadres. Ce qui est d’autant plus grotesque que souvent pour un ouvrier ou technicien, il y a avant la période d’essai plusieurs mois (ou années) d’intérimaires. 3. Mise en place d’un sous-CDI, le contrat de mission 4. Fin de la référence dans le contrat de travail au lieu de travail. 5. Assouplissement de l’obligation d’énonciation des motifs de la rupture.
Et il se trouve des permanents syndicaux pour défendre ces mesures. D’autres mesures contre les salariés ont été prises, il serait trop long de tout énumérer, mais par exemple , l’instauration d’une franchise sur les médicaments et certains actes médicaux, l’augmentation progressive pour les retraités de la redevance télé, sont constitutifs de cette offensive anti-ouvrière.
Coté enseignement et formation professionnelle, la loi LRU contre laquelle les étudiants se sont mobilisés qui va permettre de mettre les universités sous la coupe des grands groupes industriels et plus récemment, le décret de M. Darcos qui liquide les BEP et tend à faire passer le BacPro en 3 ans au lieu de 4 années au détriment de la formation des lycéens.

Le rôle des directions syndicales dans cette offensive

Rien de tout ceci n’aurait pu être possible sans que nos directions syndicales soutiennent le gouvernement. Par exemple, l’édito du 23 mai de Jean-Claude Mailly qui explique que « tout est possible ». ou celui du 6 juin où il explique que « tout est possible, le pire comme le meilleur ». Expliquer « Après avoir, d’une certaine manière, raté le choc de confiance attendu avec le paquet fiscal et dépensé plus mais mal à propos, … », c’est se situer en soutien à ce gouvernement, soutien qui se concrétise dans la participation à toutes les table-rondes, Agenda partagé, concertation, consultation.
A la SNCF, à la RATP, ils ont opposé les grèves et les négociations, comme le gouvernement. Les directions syndicales ont forcé les cheminots à arrêter la grève pour pouvoir négocier tranquillement. Comme le gouvernement le demandait. Rompre avec le gouvernement et le MEDEF
Si l’énergie consacré à participer aux multiples table-rondes, concertations et agenda partagés avait été mise à mobiliser les salariés contre les mesures du gouvernement, nous n’en serions pas là !
Ne participez pas aux concertations !
Ne signez pas l’accord sur « l’assouplissement du marché du travail » !

A propos du 24 janvier : préparer sérieusement l’affrontement avec le gouvernement

Notre Confédération « demande aux salariés du privé et du public de manifester dans la solidarité le 24 janvier pour l’augmentation du pouvoir d’achat des salaires, retraites et minima sociaux. ». Sans s’illusionner sur l’efficacité d’une grève de 24 heures, penser qu’une manifestation sans appel à la grève puisse permettre de résoudre les problèmes de pouvoir d’achat pour les salariés, les retraités et tout ceux qui n’ont que le RMI ou le minimum vieillesse pour survivre, c’est pour de nombreux travailleurs un irréalisme total.
Néanmoins, par delà la manifestation, nous proposons la tenue d’un meeting commun avec tous les syndicats ouvriers afin de discuter de comment vaincre ce gouvernement et sa politique anti-ouvrière, ce qui est une condition absolue pour « pour l’augmentation du pouvoir d’achat des salaires, retraites et minima sociaux. » Une telle réunion permettrait à tous et toutes de discuter, de faire des propositions afin d’organiser la riposte ouvrière contre ceux qui aujourd’hui mettent à mal contrat de travail.

Discuté en Conseil Syndical le 10 janvier 2008


Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 834710

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Actualité  Suivre la vie du site Archives 2008   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2d + ALTERNATIVES

Creative Commons License